"Regardes comment on les a punies", a-t-il confié à sa femme dans sa lettre, se disant déterminé à poursuivre son action destructrice.
Massacres, dévastations de village, viols, usage de la famine comme arme de guerre, la liste des atrocités commises par l’armée française durant sa conquête coloniale de l’Algérie est assurément longue, certaines ayant été rendues célèbres grâce à des extraits de lettres rédigées de la main même de leurs auteurs.

Véritable attentat contre l’humanité, ces barbaries mettent dans l’embarras la classe politique en France dès lors qu’il est question d’un sujet aussi sensible que celui ayant trait au passé colonial de l’Algérie.

Pour le Dr Abderahamane Tounsi, enseignant au département d’histoire de la faculté des sciences humaines de l’université Djillali Bounaâma de Khémis Miliana (Aïn Defla), ces lettres confidentielles dont nombre ont été écrites par ces officiers à leurs conjointes, conforte la conviction ayant trait au fait que pour l’Armée coloniale, le plus important était de réaliser ses desseins nonobstant les procédés utilisés.

Ayant effectué des recherches sur la guerre d’Algérie au niveau du Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT) de Vincennes (Paris) réservés aux archives militaires ainsi qu’au niveau de l’Archive National d’Outre-Mer (ANOM) (Aix-en-Provence), M.Tounsi a eu comme point de mire les crimes commis par l’armée coloniale en Algérie.

"A travers des lettres confidentielles dont nombre ont été écrites par ces officiers à leurs conjointes mais également à leurs supérieurs hiérarchiques, nous apprenons beaucoup sur ces hommes ainsi que sur leur conduite militaire leur ayant permis de tuer de sang-froid des dizaines, voire des centaines d’innocents", a-t-il fait témoigné, observant qu’à lui seul, l’ANOM compte 600 tonnes d’archives d’Algérie qui y sont entreposés.

Cet universitaire a soutenu que les auteurs de ces exactions "effectués avec fierté" visaient la célébrité, observant que certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs consécutivement à leurs actes macabre. "Souffrant de l’éloignement, nombre de ces militaires, qui mettaient le pied pour la première en Algérie, ne connaissaient même pas le nom du pays qu’il envahissaient, évoquant tantôt l’Afrique, tantôt le désert, voire le Sahara", a-t-il relevé.

Citant le général Tbilissi, il a affirmé que ce dernier a, dans une lettre écrite à sa femme, évoqué les actes barbares qu’il a ordonné dans la région de Miliana, lui faisant savoir qu’il n’a pas hésité à couper les oreilles à certaines femmes "indociles". "Regardes comment on les a punies", a-t-il confié à sa femme dans sa lettre, se disant déterminé à poursuivre son action destructrice.

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