Semaine commerciale algérienne à Washington: Smaïl Chikhoune, président du Conseil d’Affaires algéro-américain en parle à algerie-medinfo.

Interview réalisée par Abdelhafid. S.

Smaïl Chikhoune a travaillé aux USA au niveau de la Silicon Valley dans le domaine de l’informatique pour développer un logiciel en maîtrise et principalement en cancérologie. Dans cette interview accordée au journal électronique algérien, algerie-medinfo, M. Chikhoune livre son impression et semble très satisfait des actions menées dans l’objectif de contribuer au développement des relations économiques et commerciales entre l’Algérie et les USA. Il a estimé que la semaine algérienne à Washington est une première pour un pays arabe et Africains aux Etats-Unis.

 

 algeri-medinfo : Ces journées d’Algérie  à Washington DC semblent être une première, pouvez-vous nous donner vos impressions là-dessus ?

Smail Chikhoune : Exact! Absolument! D’ailleurs, il faut mentionner que c’est la première du genre pour un pays arabe et africain, c’est l’Algérie qui est la première à faire ce genre d’exposition de plusieurs produits alimentaires de l’électronique, l’électroménager et l’artisanat  et ensuite; je peux dire qu’elle est satisfaisante et positive parce que beaucoup de ces exposants algériens ont opéré des contacts, certains ont déjà signé des contrats et d’autres pratiquement en discussion avancée. Je pourrais dire qu’en dehors des contacts, cette fois-ci le ministère du Commerce et la Safex, ainsi qu’Algex, ont mis le paquet en matière de médiatisation, puisque les grandes chaines privées, depuis 2 semaines passent des spots publicitaires annonçant cette exposition, aussi bien NBC 4 et 7, fox five, cbs ainsi que les journaux comme le Washington post et times, et les radios, comme Lpa, Cette médiatisation nous a aidés un peu, et c’est une première où on a eu concernant les entreprises de très bons contacts.

Quelles sont les enseignements à tirer de ces journées ?

Il y a eu déjà des contacts comme par exemple Tapidor qui a pratiquement trouvé un partenaire à New-York pour pouvoir vendre ses produits et c’est ce qu’on voulait, qu’il y ait des distributeurs qui puissent mettre ces produits-là à la disposition du marché américain, à travers une distribution ou une représentation et je pense que les contacts ont été positifs et les plus importantes actions sont celles de la mise en ligne de tous les produits exposés par une plateforme très importante qui s’adresse à plusieurs distributeurs aux Etats-unis et dans d’autres pays, et de faire la promotion en ligne de ces produits. Le deuxième aspect est lié à un cabinet d’affaires américain qui va prendre des échantillons des exposants afin de créer une zone franche ou zone de libre-échange à Baltimore appelé «la maison de l’Algérie par ce que les produits seront exposés dans un show-room et qui va permettre à chaque fois d’avoir d’autres distributeurs un peu partout comme le maryland ou le Texas; pour les inviter à venir sur place au niveau de la maison d’Algérie, qui se trouve dans une zone industrielle à Baltimore tout près du port qui facilitera à chaque fois le transport et l’acheminement des marchandises, c’est une première aussi pour cette maison d’Algérie car il est question aussi d’exposer de l’artisanat sur place, et l’ensemble des produits algériens. ils auront plus de contacts à faire avec les entreprises américaines et participer à des foires spécialisées à travers les 50 états, puisque les produits sont disponibles et au fur et à mesure qu’il y a des compagnies qui vont décrocher des contrats avec des entreprises algériennes, il se fera à partir de la maison d’Algérie et ce sera d’ici que les produits seront acheminés, même certains qui ont ramené des produits.

Qu’en est-il des produits qui ont suscité un intérêt américain et les contrats qui ont été conclus ?

Les américains ont été agréablement surpris par certains produits, il y a un contrat qui a été signé entre IRIS  Saterex et KVS Imports Solutions de Philadelphie où cette compagnie va faire la distribution de produits Iris Saterex et il y aura des contacts avec un grand provider américain pour la distribution de produits de Iris Saterex, pour vendre des Smartphones Iris dés le mois prochain. Cela est à féliciter. Il y a également Condor qui a décroché des contrats, pour vous dire que les Américains ont été surpris par les produits électroménagers et l’électronique. Ils ne savaient pas que l’Algérie pouvait faire ce type d’assemblage en Algérie et que c’est des produits faits en Algérie. Pour nous c’est une fierté que l’Algérie ait pu faire cette avancée, pour des produits à placer aux Etats-Unis et qui n’ont rien à envier à d’autres produits d’ailleurs, comme les téléviseurs, et les Smartphones on va les voir au marché américain, puisque les contrats ont été ficelés et c’est du 100 % .

Est-ce que cette démarche encore d’autres dans un proche avenir pour un positionnement des entreprises algériennes dans un des plus grands marchés de consommation ?

Absolument et d’ailleurs, on a décidé d’un commun accord avec le ministre du Commerce M. Said Djellab, d’organiser fin octobre de ramener beaucoup de distributeurs américains pour leur faire des visites sur site. Il n’est plus question de faire des rencontres au niveau des hôtels et on va visiter les unités de visu pour voir comment sont fabriqués les produits, on verra Sétif et Bordj-Bou-Arréridj et Biskra pour l’agroalimentaire, pour les dattes car il y a un grand intérêt, et il y a des gens qui ont trouvé des acheteurs, et il y a eu de très bons contacts pour les dattes et les olives. Je vous affirme qu’il y a même quelqu’un qui est intéressé par l’huile d’olive en grande quantité en vrac à l’arrivée à Baltimore et ensuite l’emballage se fera ici aux Etats-Unis. C’est pour cela que je dis que les choses bougent réellement et la nouvelle directive des visites sur site en est l’illustration pour démontrer qu’on peut avoir des produits aux standards internationaux. Il faut saisir d’autres compagnies algériennes dans l’agroalimentaire surtout pour qu’ils puissent envoyer leurs produits dans la maison Algérie à Baltimore puisque c’est une zone sous douane et cela permettra de contacter des  nouveaux distributeurs. Nous avons choisi Baltimore parce que c’est le plus grand port aux Etats-Unis dans la côte Est, ou il y a des mesures d’incitation de la part de la ville de Baltimore pour qu’il y ait ce genre d’activité et de business. C’est pour cela qu’on a choisi cette ville et on a pris contact avec la chambre de commerce et les autorités de Baltimore pour nous prendre cet endroit qui s’appellera la maison d’Algérie et permettre d’acheminer les produits et être disponible toute l’année. Nous inviterons les grossistes et distributeurs américains à aller visiter les stands d’entreprises algériennes à l’occasion d’organisations des foires et expositions pour qu’elles soient présentes dans toutes les foires aux Etats-Unis. Je pense qu’on aura  des résultats probants, et le Conseil d’Affaire va suivre cas par cas et s’assurer que la maison Algérie sera le vecteur pour la présence des produits algériens aux Etats-Unis.

Justement il y a le côté logistique est ce qu’il y a une réflexion, étant donné qu’on attend depuis des années la ligne New york  Alger, ainsi que le flux du transport maritime, est-ce qu’il y a une réflexion là-dessus ?

C’est certains que cette ligne de Washington Alger, qui sera mieux que New york, pour le business, mais pour cela la voie maritime est plus propice et on a su que la Cnan vient d’acquérir certains navires et elle va en avoir d’autres et on souhaite que la Cnan puisse ouvrir une ligne directe Alger Baltimore afin d’acheminer plus de produits. Maintenant qu’il est certain qu’on a déclenché le processus pour acheminer les produits, pour cela on va demander à la Cnan de faire un effort pour avoir une ligne Alger Baltimore, qui sera nécessaire.

Qu’en est-il du système généralisé de préférence SGP, les entreprises algériennes peuvent elles en bénéficier, des franchises de droit de douane et d’avantages ?

Oui bien sûr! C’est un programme qui existe depuis une dizaine d’années malheureusement l’Algérie n’a jamais bénéficié de ce système, ils ont arrêté puis repris il y a un mois et arrive à temps car maintenant il est question de placer des produits ici aux Etats-Unis. Il y a 3 800 produits algériens de l’agroalimentaire et artisanale et cela permet de les faire entrer sans taxes et droits de douane parce que très peu de pays en bénéficient et l’Algérie pourra en profiter et lors de la prochaine visite on aura à en discuter à Alger pour mettre en valeur les avantages et d’en tirer profit. 

  

 

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