Par Mouloud Aoudia

Le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise ( Care), un Think Tank algérien, a abordé aujourd’hui ( mardi, 11 décembre) à Alger  le sujet dont il voulait vraiment parler : Le renouvelable. Mhamed Hammoudi, expert en énergie renouvelable, invité à cette rencontre, a expliqué que l’étendue de l’Algérie et sa démographie croissante en font l’un des pays à fort taux de croissance de consommation énergétique.  En effet, la consommation  avoisine, pour certaines années,  les 11.8%. Présentement, le mix énergétique électrique est à prédominance gazière, le gaz y comptant pour plus de 98%. Ainsi, la quantité de gaz consommée localement dépasse 46% de sa production soit plus de 43 milliards de m3 /an en 2017.  Mhamed Hammoudi relève que  l’amélioration du niveau de vie des algériens a induit une croissance énergétique annuelle moyenne et effrénée de 7.4%, supérieure à la moyenne mondiale et asiatique, respectivement de 2.6% et 5.9%.  Il affirme que les dispositifs énergivores et les habitudes de consommation, ainsi que les conditions climatiques extrêmes en Algérie, sont les principales causes de cette consommation croissante de gaz naturel à travers celle de l’électricité estimée à 78 TWh en 2017. L’intervenant a souligné que l’Algérie, à travers son programme national de développement des énergies renouvelables  a pris l’engagement ferme et net de changer son mix énergétique pour gagner son pari de transition énergétique. Cette approche devrait  permettre au pays de réaliser des capacités  de production renouvelable  d’une puissance globale de 22 000 MW, en se basant sur des technologies économiquement matures, et d’atteindre à l’horizon 2030 un taux de 27% en énergies renouvelables dans sa production électrique. En se basant majoritairement sur le solaire photovoltaïque qui est une technologie mature et en plein expansion planétaire, le pays a pris l’engagement d’installer 13 575 MW en s’appuyant sur son immense potentiel estimé à 2 634 960 TWh/an qui correspond à 105 fois la consommation électrique mondiale (autour de 24 800 TWh/an). En diversifiant ses installations d’énergies renouvelables en y intégrant l’éolien, l’Algérie pourrait profiter pleinement, selon l’expert, de son potentiel éolien estimé à plus de 12 925 TWh/an. Recourir à la technologie CSP, à partir de 2020, afin d’installer une capacité globale de 2000 MW a été salué par les spécialistes qui estiment que ses coûts d’installation, trois fois plus cher que celle des PV, ne justifiaient pas l’urgence de son utilisation, même si le pays dispose d’un potentiel autour de 169 880 TWh/an. Cette approche permettrait d’attendre une baisse des coûts en Capex (dépenses d'investissement)  et Opex (dépenses d’exploitation) à la suite d’une maturité du marché mondial de cette technologie, comme ce fut le cas pour la technologie PV.  En novembre dernier,  la commission de régulation de l’électricité et du gaz  (CREG)  a lancé un appel d’offre relatif à un projet de production  de 150 MW d’énergie propre. Afin de mettre en place et concrétiser le plan des énergies renouvelables, les autorités publiques s’appuient d’une part sur la Sonelgaz et d’autre part sur l’implication du secteur industriel privé et publique. Ce dernier a entrepris depuis des années la mise en place de partenariats avec des entreprises leaders dans le secteur afin de pérenniser le transfert de savoir-faire et les techniques inhérentes au domaine et métiers du renouvelable.
M.A
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