L'occupation marocaine intensifie les arrestations politiques dans les villes sahraouies occupées

Le ministre sahraoui des territoires occupés et des communautés, Mohamed El Ouali Akik a déclaré dimanche que les forces d’occupation marocaine poursuivaient leurs "campagnes agressives ", en faisant usage de force excessive contre les civils sahraouis dans les villes occupées pour faire taire la voix de la résistance, tout en imposant un blocus médiatique pour occulter la réalité de la situation.

Dans une déclaration à l’APS, M. Akik a indiqué que la situation dans les territoires occupés diffère totalement de celle qui prévaut dans l’ensemble des territoires sahraouis libérés, suite à l’agression militaire marocaine qui a ciblé, vendredi dernier, des manifestants pacifiques dans la région d’El-Guerguerat, en violation flagrante du cessez-le-feu signé en 1991 entre les deux parties au conflit (Maroc-Front Polisario).

Aucune des villes occupées n’a été épargnée de la répression des autorités marocaines, aussi bien Laayoune, Dakhla, Smara et Boujdour, a-t-il souligné, précisant que l’occupation marocaine, qui appréhendait fortement la réaction des citoyens, notamment les jeunes, dans ces régions, a recouru à des renforts militaires, sécuritaires et des renseignements.

Les forces ont déployé à travers toutes les villes, notamment dans la ville de Laayoune occupée, des moyens anti-émeute ainsi que des forces spéciales de l’armée, de la police et de la gendarmerie qui ont reçu l’ordre de faire usage des méthodes répressives pour faire taire la voix des Sahraouis.

Tout au long des trois jours, les forces d’occupation marocaine n’ont cessé de faire usage de force excessive contre des jeunes sahraouis, à travers des courses-poursuites pour interdire tout rassemblement populaire. De larges campagnes d’incarcérations ont également été menées et cinq citoyens ont été détenus dans la ville de Laayoune.

 De nombreux sahraouis ont été arrêtés pour interrogatoire avant d’être libérés, alors que d’autres ont été abandonnés en pleine nature après avoir subi toutes formes de torture.

"Les plans machiavéliques de l’occupation marocaine ne se limitent pas à encercler les villes et à persécuter les jeunes dans les ruelles et les rues, mais vont jusqu’à la violation des domiciles des militantes et militants sahraouis connus, en leur imposant une résidence surveillée, voire une interdiction de sortie", s’est indigné M. Akik.

Et d’ajouter : "en raison du blackout médiatique imposé aux villes occupées, très peu de vidéos filmées généralement en cachette par des citoyens depuis leurs balcons ou fenêtres, montrent ces opérations de poursuite et de persécution".

Selon le ministre sahraoui, "les mêmes pratiques sont infligées aux détenus sahraouis qui croupissent dans les geôles de l’occupation marocaine, notamment les prisonniers civils de Gdeim Izik qui subissent une grande pression dans les différentes prisons marocaines".

"Les familles des détenus politiques sont elles aussi la cible des services de renseignement marocains qui en plus de leur interdire tout contact avec leurs proches, les menacent de faire une quelconque déclaration ou de donner des détails sur leur situation carcérale", a-t-il souligné.

En dépit de cette situation, le ministre sahraoui a appelé les Sahraouis dans les territoires occupés "à maintenir leur attachement à la revendication de l’arrêt de l’occupation et de l’indépendance", soulignant que malgré l’oppression marocaine et les différentes formes de violence qui leur sont infligées par l’occupant, les militants sont tenus de trouver des moyens pour sortir et exprimer leur rejet de l’occupation et de ses pratiques.

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