Le Hirak, ce mouvement de contestation populaire pour s'opposer à un 5e mandat de Bouteflika Abdelaziz, "n’existe plus dans son état originel", et certaines ONG internationales tentent d'opposer cette légitimité présumée du Hirak à toute solution politique afin "d'aboutir à une situation de chaos" en Algérie, a averti le professeur de philosophie, Mohamed Bouhamidi.

"Le Hirak originel n'existe plus. Oui, j’affirme", a déclaré M. Bouhamidi dans un entretien accordé à l’APS. Plus encore, a-t-il affirmé, "le Hirak a muté" du fait que ce mouvement "était fini dès le mois de mai" mais en donnant naissance à "un nouveau fruit, qui est autre chose que lui: l’émergence des couches moyennes dans la vie politique directe".

Evoquant le rôle des ONG internationales dans cette seconde vague du Hirak, il a indiqué: Ces Organisations dont parlent certains médias étrangers et autres ONG internationales, veulent par contre opposer cette légitimité présumée du Hirak pour perpétuer une non solution politique, maintenir le plus haut niveau possible de tension pour aboutir à une situation de chaos". Il a ainsi insisté sur la nécessité de "dissocier les besoins politiques et culturels de ces manifestants des buts de ceux qui parlent en leur nom". Il a noté toutefois que "ces manifestants ne se laissent pas forcément manipuler", tout en déplorant le fait que "cette situation a mis en crise cet arc de la ‘révolution démocratique’".

"Puis pour se dégager de cette impasse du vendredi ces organisations renforcées par des combinaisons avec le ‘youtubeur’ Zitout ont projeté la solution du samedi, avec l’obstination à jeter l’Algérie dans le cycle de la stratégie USA-OTAN-Israël de créer le chaos sans fin sur toutes les lignes de fractures possibles ethniques, linguistiques, culturelles, religieuses, etc", a-t-il encore souligné.

Il a affirmé, dans ce contexte, que les manifestations hebdomadaires (suspendues par précaution contre la propagation du nouveau coronavirus, Ndlr) "étaient très, très loin de regrouper autant de monde" par rapport à la période allant du mois de février au mois de mai 2019. Des "personnalités", qualifiées de "leaders élus ou spontanés" et qui parlent au nom des manifestants d’aujourd’hui, "ont évalué les manifestants qui occupaient les rues durant cette période à plusieurs millions de personnes", a indiqué M. Bouhamidi, ajoutant que ces " leaders" qui sont "confrontés à leurs propres estimations des mois de février/mars 2019, ne peuvent légitimement parler au nom des foules qui les ont laissés dans leur solitude". Après l'élection présidentielle du 12 décembre 2019, "ces mêmes leaders ont appelé à un style d’autocritique, de réévaluation de leurs actions, pour expliquer pourquoi leur mouvement a échoué", a-t-il relevé, soulignant qu’ils (leaders) " désignaient leur échec à réussir un boycott massivement indiscutable" de la Présidentielle.

 

Pin It