Le directeur général de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Fayçal Bourbala a fait état lundi à Alger d'une baisse du nombre de mineurs dans les établissements pénitentiaires depuis la promulgation de la loi sur la protection de l'enfance en 2015. 

Dans une allocution lors du lancement d'une session de formation sur "les garanties accordées aux enfants emprisonnés entre conventions internationales et Droit algérien", organisée par l'Organe national de protection et promotion de l’enfance (ONPPE), M. Bourbala a expliqué qu'une "forte baisse du nombre des mineurs pensionnaires des établissements pénitentiaires a été enregistrée depuis la promulgation de la loi sur la protection de l'enfance en 2015". Affirmant que l'Administration pénitentiaire "a franchi un grand pas en matière de prise en charge des mineurs à la faveur de la mise en place d'un programme psychoéducatif", M. Bourbala a expliqué que ce programme reposait sur "une approche complémentaire et éducative permettant de fournir les soins sanitaires, l'enseignement, la formation professionnelle et l'éducation au profit des mineurs dans les établissements pénitentiaires, à l'effet de contribuer à leur formation et au développement de leurs compétences, en sus d'autres programmes destinés à les aider à se débarrasser des comportements criminels". Supervisé par des psychologues, ce programme est en voie de généralisation dans l'ensemble des établissements pénitentiaires, et intervient pour renforcer les autres programmes thérapeutiques liés à la prévention contre la violence, la toxicomanie et la récidive. M.Bourbala a fait état, en outre, de "la création, au niveau de l'Administration pénitentiaires, de services externes de réinsertion qui serviront de "trait d'union" entre les établissements pénitentiaires et la société, à travers l'accompagnement des personnes libérées après leur sortie et la contribution à leur réinsertion dans la société, mettant en avant l'importance de la réinsertion dans tous les secteurs. Pour sa part, la présidente de l'ONPPE, Meriem Chorfi a indiqué que la loi relative à la protection de l'enfance avait contribué à la réduction du nombre de mineurs dans les établissements pénitentiaires, en ce sens qu'elle garantit des mesures de protection en matière de poursuites judiciaires à l'encontre du mineur et renferme des dispositions visant sa réinsertion dans la société, l'objectif étant de faire du placement du mineur dans un établissement pénitentiaire le dernier recours après l'échec de toutes les mesures prévues. Organisée en coordination avec le ministère de la Justice et l'Organisation internationale pour la réforme pénale (OIRP), cette session de formation de trois jours verra la participation des directeurs des centres de rééducation et de réinsertion des mineurs et des responsables des pavillons mineurs dans les établissements pénitentiaires, a précisé Mme Chorfi, rappelant que cette manifestation s'inscrit dans le cadre d'une série de sessions de formation organisées par l'ONPPE en faveur des différents intervenants concernés par l'Enfance. De son côté, le sous-directeur de l'OIRP pour la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord) Haythem Chebli a salué l'expérience algérienne "pionnière" dans le domaine de la protection et de la promotion de l'enfance, soulignant que la loi relative à la protection de l'enfance "est unique en son genre au niveau arabe".

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