Le marché illicite du tabac prend de l’ampleur

Par KH.ANAD: Les saisies opérées par les services de sécurité, ne cessent d’augmenter. La dernière en date est celle de la Gendarmerie nationale à Oran en 2eRM,  ou  258,95 tonnes de tabac ont été saisies. Deux fabriques illicites de cette substance ont été découvertes dans cette wilaya qui compte les plus grandes usines de fabrication de tabac légales. 

Le secteur du tabac, deuxième pourvoyeur de fiscalité pour le pays, se retrouve fortement pénalisé par le marché informel qui enregistre plus de 9 milliards de dinars de manque à gagner pour le trésor public. Un marché illicite qui monte en puissance puisque il représente 10 % des parts du marché global du tabac.  En Algérie, ce secteur, qui emploi des milliers de personnes de manière directe et indirecte, enregistre un développement significatif. Depuis 2015,  les recouvrements des taxes applicables au secteur ont presque doublés. Avec les nouvelles taxes introduites dans la loi de finance 2020 vont encore augmenter ses apports fiscaux puisque la taxe additionnelle sur les produits tabagiques (cigarette, tabac à chiquer, etc.), mis à la consommation en Algérie est passé à 17 DA.  En 2012, elle était  à 11 DA par paquet, bourse ou boîte, soit une hausse de 6 DA par paquet. Une mesure qui impacte fortement les consommateurs qui se rabattent vers les produits illicites qui coute moins chers que ceux proposés par le marché légal.  Chez les revendeurs, Une grande quantité des cigarettes proposées provient du marché illicite et dont la provenance reste inconnue et très mystérieuse. Ces cigarettes, avec un effet de mode très avancé, se vendent à 120 DA le paquet alors que celle du marché légale sont proposées à partir de 150 DA le paquet. Chez les jeunes et les femmes surtout, les cigarettes slims enregistrent un grand succès. C’est le cas pour les BUSINESS ROYAL, MOND , EDGE & RAISON et BON. La dernière marque  serait de fabrication israélienne. Ces quatre marques ont totalisé à elle seules 6,5 % des parts de marché en 2019. Une situation qui suscite beaucoup de questions sur la facilité avec laquelle sont vendues les cigarettes provenant de la contrebande.  L’absence de contrôle ne fait qu’accentuer la situation. D’autant plus qu’aucune étude n’est menée pour savoir le contenu réel de ces cigarettes.  Les jeunes, àgés entre 13 et 15 ans, qui se ruent vers ce genre de cigarette, représentent 9% des fumeurs en Algérie. Es dernière statistique, datées de 2017, révèlent que le taux des consommateurs de tabac enregistré parmi la population âgée entre 18 et 64 ans est de 16 %.  L’enquète reprsentative menée par le ministère de la santé, révèle que Presque le tiers (31%) de la population en question de sexe masculin consomme du tabac alors que 0,5% des femmes en consomment. Des taux qui sont loin de la réalité, selon les spécialistes qui s’inquiètent de la prolifération du phénomène surtout chez les jeunes. Les prix très attractifs des cigarettes provenant du marché illicite ne font qu’aggraver la situation.

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