En réponse au dernier discours du chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, les manifestants qui se sont rassemblés ce dimanche à Paris ont exprimé leur refus au "faux dialogue" et aux solutions "illusoires" à la crise que connait l'Algérie. Pour les manifestants le pouvoir en place veut instaurer un "faux dialogue" et propose des solutions "illusoires" que le peuple algérien rejette lors de ses référendums de chaque vendredi.

Malgré le net recul de la mobilisation par rapport aux premiers rassemblements, notamment depuis que les rassemblements se sont transformés en plusieurs forums de discussions, les Algériens établis dans la région parisienne continuent de se donner rendez-vous à la place de la République pour exprimer leur point de vue et apporter leur soutien au mouvement populaire qui se déroule au pays. Contrairement à ce qui a été annoncé dimanche passé, les organisateurs n'ont pas pu obtenir l'autorisation de la préfecture de Paris pour une marche depuis place de la République à place des Victoires. A place de la République, la place n'est plus à des manifestations festives, mais au débat et à l'échange d'idées afin de participer, selon les animateurs, à mettre les jalons sur la route de l'édification d'un Etat de droit. Le collectif "Libérons l'Algérie", né lors du premier rassemblement du 17 février 2019 à place de la République et un des animateurs du rassemblement, a réaffirmé que "seule une volonté politique exprimée par l’amorce d’une transition démocratique pourra engager le pays sur la voie de la démocratisation et la construction de véritables institutions". Ce collectif, qui milite pour l'instauration d'une République nouvelle, organise chaque dimanche une agora où les membres de la communauté nationale viennent livrer leurs analyses sur la situation en Algérie et faire des propositions pour une sortie de crise. Des dizaines de manifestants participent à cette agora avec comme leitmotiv "pour un changement du système et non un changement dans le système" et "pour une rupture radicale avec le système en place depuis l’indépendance". Tout autour des points de forums, des manifestants drapés de l'emblème national portent des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Libérer les détenus politiques", "La clé appartient à l'Algérie", "Algérie, une et indivisible" et "Chaoui, Kabyle, Targui, Arabe : je suis Algérien". Campant sur le principe du "dégagisme", les manifestants ont réitéré leur revendication principale "Tous les responsables politiques du pays doivent partir", tout en réclamant une justice "indépendante et impartiale" pour la mise en œuvre, selon eux, d'un Etat de droit.

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