Par : A.MI.

A l’issue des travaux du séminaire international sur la co-incinération des déchets en cimenterie, organisé par le groupe Gica et l’Université SAAD Dahlab1 de Blida, la Société des ciments de la Mitidja (SCMI-Meftah, filiale du groupe public Gica) et la Société des eaux et de l'assainissement d'Alger (SEAAL) ont signés un protocole d’accord portant sur le processus d’élimination et de valorisation énergétique des boues d’épuration en cimenterie.

La cérémonie de signature du protocole a eu lieu en présence de la ministre de l'Environnement et des énergies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati. L’accord porte sur le processus d’élimination et de valorisation énergétique des boues d’épuration en cimenterie nécessitera le passage par une phase d’essais technologiques et tests opérationnels à l’échelle industrielle et à flux continu. L’accord prévoit également de développer une nouvelle filière de valorisation des déchets urbains en cimenterie dont les boues d’épuration, dans un cadre de transformation environnementale et énergétique.

Faut-il rappeler que la Société des ciments de la Mitidja (SCMI-Meftah, filiale du groupe public Gica) a développé ingénieusement un nouveau procédé de traitement des déchets de cimenterie qui consiste en la destruction des combustibles liquides (huiles usagées) et pâteux (boues d'épuration) sans toutefois portée atteinte à l’environnement et à la santé publique.

 Le Groupe industriel des cimenteries d’Algérie (GICA) a réussi à mettre au point un procédé jugé révolutionnaire dans le domaine du traitement des déchets de cimenteries. Cette méthode devait être introduite dans divers autres secteurs d’activités industriels qui enregistrent un taux élevé de déchets industriels susceptibles d’être traités par ce nouveau procédé. Faut-il rappeler justement que l’industrie en Algérie produit annuellement une quantité estimé à 325.100 tonnes de déchets, tous types confondus, y compris les déchets spéciaux dangereux. Pourtant, selon M. Karim Baba, responsable à la Direction générale de l’Environnement et du développement durable au ministère de tutelle, qui s'exprimait, récemment en marge d'une rencontre internationale sur la gestion et l’élimination des polluants organiques, « l’analyse des données avance un chiffre avoisinant les 50% de déchets recyclables ». Ce constat témoigne de l’importance de ce nouveau procédé mis au point par la (SCMI-Meftah). A ce titre, le Directeur général de cette société, M. Adel Haddoud, a indiqué qu’il s’agit «d’un projet pilote qui consiste en l’intégration de déchets industriels, transformés en combustibles de substitution, et ce, par co-incinération dans le four de cette cimenterie». A en croire les explications techniques, ce procédé concerne uniquement le traitement des déchets de cimenteries. Intervenant lors d'un séminaire international sur la co-incinération des déchets en cimenterie, Adel Haddoud souligne qu’ «en dépit de l’existence d’un cadre règlementaire régissant l’activité de la co-incinération des déchets en Algérie, il n’avait pas été enregistré de cas concrets dans ce domaine avant ce projet».

 

Expliquant que c'est à la faveur des sollicitations des autorités locales de relever le défi du respect de l'environnement que la SCIM a mis en place, sous le parrainage du Wali d’Alger, des groupes de travail mixtes avec trois organismes partenaires (SEAAL Baraki, Naftal et Gecetal pour élaborer des fiches techniques selon la nature du produit de base tels les boues d’épuration, huiles usagées, déchets ménagers triés, et ce, à l’effet de préparer un combustible alternatif acceptable en cimenterie. L’aps rapport que «la SCMI a procédé à une série d’essais technologiques dans le four à ciment de Meftah sous la supervision de la Direction de l’environnement de la wilaya d’Alger et des entreprises concernées ainsi que des organismes relevant du ministère de l’Environnement et des énergies renouvelables». En octobre dernier, la cimenterie a effectué le premier essai technologique pour l’injection d’une tonne de combustibles pâteux (boues d’épuration) conditionnés en sac. Il a été suivi d'autres essais technologiques à travers l'injection de 2.000 litres d’huiles usagées et l’introduction d’une demi-tonne de déchets ménagers triés. M. Adel Haddoud indique à que «ces opérations d’essais technologiques ont été un succès sur tous les plans, puisqu’elles ont parfaitement respecté le protocole d’essai élaboré par l’équipe projet-SCIM ainsi que les procédures de sécurité et de process», En conséquence, a-t-il avancé, il est ainsi admis que la SCMI pourra produire un ciment de qualité tout en utilisant des déchets industriels et tout en préservant l’environnement. 

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