Au cours de sa visite en mai dernier en Algérie, le président d'Interpol, Meng Hongwei, avait estimé qu'il était nécessaire de renforcer la coopération avec les autres organisations régionales, notamment l'Organisation africaine de coopération policière Afripol pour faire face à la criminalité internationale. Si j'accorde, en tant que président d'Interpol, une importance particulière à cette visite, c'est parce que le nouveau contexte marqué par la recrudescence de la criminalité internationale, nécessite le renforcement de sa coopération avec des organisations de police régionales».

 Une organisation d’Interpol basée à Lyon a indiqué que «des agents de la police internationale d’Interpol ont été dépêchés dans huit ports de Méditerranée occidentale, dont l'Algérie, pour aider les autorités locales à dépister les voyageurs et à détecter les terroristes potentiels pendant la période estivale». Dénommée «Opération Neptune», cette opération traite des menaces que représentent les voyages des combattants terroristes étrangers empruntant les routes maritimes méditerranéennes entre l'Afrique du Nord et l'Europe du Sud, ainsi que les personnes, les trafiquants de drogue ou d'armes à feu. Au cours de la première semaine de l'opération, plus de 350.000 recherches dans les bases de données d'INTERPOL ont abouti à la détection de quatre combattants terroristes étrangers présumés et à la localisation d'une personne disparue. Les pays d'accueil vérifient l'identité des voyageurs et les informations de passeport contre les bases de données criminelles d'Interpol à travers son réseau sécurisé de communication policière mondial. Selon Interpol, les documents de voyage volés étant un "atout majeur" pour la mobilité terroriste, en particulier les combattants terroristes étrangers revenant de zones de conflit. L’organisation souligne par la voix de Patrick Stevens, directeur de la section contre le terrorisme d'Interpol, que «l'attention du monde sur la sécurité frontalière est largement centrée sur les frontières aériennes et terrestres, les menaces potentielles pour la sécurité maritime reçoivent moins d'attention». Il estime que la question des combattants terroristes étrangers en déplacement «inquiète tous les pays membres d'Interpol qui continuent de surveiller le départ et le retour de leurs ressortissants  dans différentes zones de conflit». Par ailleurs, il a affirmé que «la coopération policière régionale et mondiale n'a jamais été aussi essentielle contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée». Selon cette organisation internationale de police la plus  importante au monde, avec 192 pays membres, la lutte antiterroriste de cette envergure concerne l'Algérie, la France, l'Italie, le Maroc, l'Espagne et la Tunisie qui dirigent «l’opération Neptune» avec le soutien d'Interpol, de l'Organisation mondiale des douanes et de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (FRONTEX). A.M.

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