De nouvelles preuves démontrent que les interventions précoces dans les pays appelés à être frappés par des catastrophes naturelles  permettent d'empêcher les crises de se transformer en urgences humanitaires ou encore d'atténuer leurs impacts, a indiqué l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) dans un nouveau rapport publié sur son site web. Intitulé "Agir vite pour empêcher les crises de se transformer en urgences humanitaires", le rapport cite à titre illustratif, le Kenya, la Somalie et l'Ethiopie où les actions précoces ont permis de réduire les impacts de la sécheresse en 2017. La FAO est intervenue plus tôt dans l'année 2017, lors de l'absence de pluie, en s'organisant  rapidement pour apporter son aide à des milliers d'éleveurs qui comptaient parmi les plus menacés.

"Ces interventions précoces se sont focalisées sur  la distribution d'urgence de nourriture pour les animaux reproducteurs clés, la fourniture de services vétérinaires pour garder les animaux sains et en bonne santé, la réhabilitation des points d'eaux et l'installation de réservoirs d'eau et l'organisation de formations sur les meilleures pratiques liées au bétail et à la gestion des marchés de bétail par des membres du gouvernement", détail le rapport. Au Kenya, en moyenne, chaque famille d'éleveur a réussi à sauver deux animaux de plus en comparaison à ceux qui n'avaient pas reçu d'aide. Chaque enfant âgé de moins de cinq ans participant au programme a bu près de la moitié d'un litre de lait en plus chaque jour, ce qui représente un quart des calories journalières nécessaires pour un enfant âgé de cinq ans et 65 % de ses besoins quotidiens en protéines. Lors du pic de la sécheresse, les éleveurs aidés par la FAO, n'ont pas seulement réussi à survivre, ils ont également pu produire trois fois plus de lait que d'habitude. Les familles qui ont bénéficié de l'aide de la FAO ont signalé que leurs animaux étaient en bien meilleure santé et condition. Pour chaque dollar de la FAO dépensé dans des interventions pour chaque famille, la famille a pu gagner 3,5 dollars. Sans les frais d'aide alimentaire et de réapprovisionnement, qui ont donc pu être évités, le retour sur investissement s'élève à 9 dollars par famille. Les éleveurs kenyans qui n'ont par contre pas bénéficié d'une aide précoce ont dû vendre deux fois plus d'animaux alors que les prix ont chuté, passant de 80 à 30 dollars. Ils ont également dû sacrifier près de trois fois plus d'animaux pour pouvoir les manger mais aussi pour pouvoir réduire le fardeau associé à leur alimentation. En Somalie, traiter une chèvre coûte 0,4 dollars tandis qu'en acheter une nouvelle coûterait 40 dollars. En traitant plus d'un million d'animaux appartenant à près de 180 000 personnes vivant dans les régions les plus touchées du Somaliland et du Puntland, les interventions de la FAO ont aidé les éleveurs à économiser plus de 40 millions de dollars et le lait produit était suffisant pour nourrir 80 000 femmes et enfants. Ces activités ont également aidé à lancer un programme de prévention de grande ampleur contre la famine. D'un point de vue général, la FAO est venue en aide à plus de 7 millions de somaliens. En Ethiopie, pour chaque dollar dépensé par la FAO pour protéger 100 000 animaux appartenant à près de 60 000 personnes dans les zones les plus touchées de la région Somali, chaque famille d'éleveur a gagné 7 dollars supplémentaires. En somme, l'institution onusienne a aidé les éleveurs vivant dans la Corne de l'Afrique à protéger leurs troupeaux reproducteurs, qui leur ont  permis de "garder leurs enfants en bonne santé" et de "payer leurs frais scolaires", soit un investissement important pour leur avenir. Grâce à ces interventions préventives, en prévision des catastrophes naturelles, la FAO assure que  "les éleveurs sont maintenant en mesure de mieux protéger leur avenir car perdre leurs animaux reviendrait à perdre leurs moyens d'existence, cela engendrerait une cercle dangereux de pauvreté et une dépendance à l'aide d'urgence, par ailleurs beaucoup plus coûteuse", soulignant que les investissement dans des interventions précoces est essentiel face à la multiplication des catastrophes naturelles. D'autant que  "dans la Corne de l'Afrique, le temps est devenu de plus en plus imprévisible. Les sécheresses se suivent, privant les communautés pauvres de leurs biens et les rendant encore plus vulnérables", préviennent  encore les auteurs du rapport en ajoutant qu'au niveau mondiale  "les catastrophes naturelles surviennent presque cinq fois plus qu'il y a quarante ans". Soulignant l'intérêt de investissement  dans des interventions précoces, le Directeur de la Division urgences et réhabilitation de la FAO et du Programme stratégique sur la résilience, Dominique Burgeon a déclaré: "Protéger les moyens d'existence avant les catastrophes implique une meilleure autonomie et une meilleure résilience face aux futurs chocs et moins de pression sur des ressources humanitaires".

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