Il n’y aura jamais un algérien à la tête de LafargeHolcimAlgerie

En Afrique francophone, c’est grâce à l’alliance avec la Société nationale d’investissement (SNI) marocaine que le groupe Lafarge franco-suisse veut étendre sa présence.

Le Marocain, Saad Sebbar, patron de Lafarge région-Afrique- Moyen-Orient a déclaré dans une publication à Jeune Afrique, que LafargeHolcim «travaille sur la préparation de produits destinés aux clients africains », indique le dirigeant. L’objectif est d’élargir la gamme et de s’adresser aussi bien aux professionnels de la maçonnerie qu’aux particuliers qui bâtissent eux-mêmes leur maison, nombreux en Afrique du Nord». Tout porte à croire que le marocain dans sa stratégie de développement des cimenteries LafargeHolcim tente une percé dans les autres régions d’Afrique de l’Est, le Nord et de l’ouest notamment la Tanzanie et le Kenya ou Lafarge a déjà ciblé les grands chantiers ferroviaires entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Saad Sebbar mise beaucoup plus sur son pays le Maroc en parlant de l’expansion des canaux de distribution en propre du groupe, à l’image de ce qui existe au Maroc avec les réseaux Mawadis et Batipro, où viennent s’approvisionner professionnels et particuliers. « Nous comptons aussi beaucoup sur les grands projets d’infrastructures, segment sur lequel nous sommes déjà largement leader. Avec notre équipe chargée des grands comptes, nous sommes parfois les seuls à pouvoir répondre aux demandes très techniques des consortiums de construction, y compris à celles de géants du BTP chinois, avec lesquels nous travaillons déjà », explique Saad Sebbar.  En Afrique francophone, c’est grâce à l’alliance avec la Société nationale d’investissement (SNI) marocaine que le groupe franco-suisse veut étendre sa présence. Actionnaire à 50 % de Lafarge Maroc, la SNI a lancé avec le groupe franco-suisse le véhicule d’investissement LH Maroc Afrique, spécialisé dans le ciment, qui a déjà pris des participations au Bénin, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. « Nous avons quarante ans de partenariat réussi avec la SNI, qui agit avec nous dans le cadre de sa stratégie d’investissement panafricaine. Nous voulons mettre à disposition cette expertise marocaine pour nous développer dans la zone francophone, notamment grâce à la proximité linguistique et culturelle entre le royaume chérifien et cette région », explique Saad Sebbar – qui a dirigé Lafarge Maroc de 2012 à 2015. Ce qui prouve que LafargeHocim France-Suisse cherche que ses intérêts aux dépens de certains pays comme l’Algérie dont l’objectif est le développement. Alors que le groupe s’implante, pompe les richesses minières surtout le clinker pour inonder les autres pays et arrache une part de marché locale en ciment. C’est une réalité cachée puisque M. Saad Sebbar s’est confié à Jeune Afrique en disant, "le groupe recrute en effet des entrepreneurs locaux pour écouler la marchandise au plus près des consommateurs". Ajoutant, "Nous adoptons aussi une approche régionale, notamment pour l’approvisionnement en clinker [le produit sorti du four dont on fait le ciment] à partir des mines africaines. Nous cherchons à desservir plusieurs pays avec une cimenterie". Parlant de L’Algérie, Saad Sebbar souligne que l’Algérie n’a pas encore atteint le pic de consommation de ciment, mais la consommation est déjà à des niveaux élevés à 630 kg par habitant et par an. Selon les indiscrétions, la préférence du Maroc par rapport à l’Algérie dans certains segments de développement du domaine du ciment serait liées à "la faiblesse de gestion du directeur d’Alger". Mais...Est ce volontaire justement pour garder les intérêts des uns et des autres et afin de forcer la main à l'Algérie de suivre les exigences de Lafarge en matière d'exportation des richesses de l'Algérie et affaiblir de ce fait le leader algérien qui est le groupe des industries des ciments d'Algérie (GICA), qui tient la route. LafargeHolcimAlgérie n'est pas leader en Algérie mais elle dispose des unités capables de contribuer au développement de l'industrie cimentière locale sans toutefois se retourner le dos aux autorités du pays ayant accordé d'énormes soutiens financiers pour que Lafarge se développe en Algérie. Il va falloir aujourd'hui instaurer un climat de confiance entre les deux associés, à savoir Cilas Cimenterie Souakri et LafargeHolcim Algérie. Bien que les frères Souakri n'aient jamais soufflé mot sur un quelconque désaccord, cependant des sources du domaine de l'industrie cimentière, font état d'un "risque de divorce entre les deux associés du fait de certains blocages administratifs exercé par la direction de Lafarge".    

 

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