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Interview réalisée par A-MEDINFO.

Le Dr HAMMOU est Médecin Tropicaliste, Entomologiste Médical, personne ressource de l'OMS. Il active depuis 1997 sur la gestion de nombreuses épidémies de maladies à transmission vectorielle notamment le paludisme, les leishmanioses et la peste dans l'ouest du pays en étant responsable de la lutte contre ces maladies au sein du ministère de la santé. Il était formateur de nombreux médecins en CES des maladies émergentes et ré-émergentes et des techniciens de la santé et des BHC sur les programmes de lutte contre les insectes vecteurs de maladies et nuisant dans presque tout le pays où souvent il est sollicité par les autorités de wilaya pour assurer l'encadrement ou la gestion d'épidémie. Il a été le fer de lance de la surveillance entomologique sur la route transsaharienne avec 9 stations de surveillance sous sa responsabilité en tant que directeur suppléant. Sur le plan international, il a été expert pour l'Organisation Internationale des migrations en 2003. Il a fait sa formation en entomologie à Bouaké en Côte d'Ivoire avec Orostom (ird actuellement), OCP et d'autres instituts reconnus mondialement tels que l'institut de médecine Tropicale à Anvers, et Institut pasteur à Madagascar. 

Dans cet entretien, Dr Hammou nous dit tout sur le moustique tigre. Il explique pour nous le cheminement historique et géographique de ce dangereux insecte, vecteur de maladie très dangereuse pour l’homme jusqu’à son apparition en Algérie. Il égrène également les précautions qu’il faut prendre pour se prémunir de cette menace de plus en plus insistante et qui constitue un danger pour la santé publique.

«Il faut se préparer à vivre avec des moustiques potentiellement dangereux».

 Algerie-medinfo : La présence du moustique tigre a été confirmée dans au moins quatre wilayas en Algérie. Peut-on savoir comment ce moustique a-t-il pu arriver dans notre pays?

Dr Hammou : L’Aedes albopictus, où appelé couramment « moustique tigre » fut décrit pour la première fois en 1894 à Calcutta (Inde). Il est l’une des 100 espèces invasives mondiales dont les plus importantes sont Aedes aegypti et Aedes japonicus. Il est originaire de l’Asie du sud-est d’où il s’est déployé dans le monde ces 40 dernières années grâce au développement des échanges commerciaux internationaux en particulier le transport des pneus usagés en provenance de l’Asie du sud-est et qui contenaient les œufs de ces moustiques. L’expansion ensuite fut « en tache d’huile ». En effet, il s’implante dans le pacifique et l’océan indien dés la fin du 19ème siècle. Subitement, dans les années 80, une expansion rapide et brusque le mena en Europe et aux États unis. Puis au brésil en 1986 et au Mexique en 1988 et toute l’Amérique latine. Il apparait en 1989 en Afrique du sud ensuite au Nigeria et en 1990 en Australie. Il arriva en Europe et au moyen orient en 2000 où il est responsable de plusieurs épidémies de chikungunya, notamment en Italie et en France. D’ailleurs, c’est en l’an 2000 que la première alerte vigilance moustique tigre a été donnée par la Direction de la Prévention au Ministère de la santé et de la population Depuis ce temps la plusieurs épidémies très importantes, avec des cas mortels, ont été déclarées dans le monde en particulier en Afrique et en Amérique Latine. Il a été découvert fortuitement dans notre pays en 2010, lors d’une étude sur les tiques si je me souviens bien, effectuée par un entomologiste Dr Bitam, dans la région de Tizi Ouzou. Mais je pense qu’il était déjà là mais non signalé faute d’investigation entomologique. C’est à la suite d’une nuisance importante signalée en 2015 dans la localité d’Ain El Turck dans l’Ouest du pays que ce moustique commençait à ce faire un nom en Algérie. La suite est connue. Ce fût Alger et ses environs en 2016 ensuite Jijel, Annaba et dans le futur proche, sans doute, tout le nord de notre pays sera concerné. Cette invasion est due à son mode d’expansion observé dans d’autre pays et à son comportement bioécologique particulier car il s’adapte aux conditions climatiques des zones tempérées qui peuvent lui être de plus en plus favorables notamment en rapport avec le réchauffement climatique mondial. A mon avis, sa présence en Algérie est du à un transport passif des œufs ou des adultes dans des conteneurs ou bien des adultes dans des bagages provenant des zones infestées par ce moustique. Le transport des pneus peut être aussi en cause mais ça reste des suppositions puisque aucune investigation ou enquête entomologique sérieuse n’a été faite jusqu’à ce moment.

Quel danger représente-t-il pour la santé publique?

Le principal danger vient du moustique tigre lui-même car il est connu pour être un excellent vecteur d’arbovirose, c'est-à-dire des virus transmis par des arthropodes en général et les moustiques en particulier. Les plus importantes, et qui ont été à la suite de déclaration de nombreuses épidémies dans le monde, sont en ordre d’importance : le chikungunya, la dengue avec sa complication la dengue hémorragique et le zika, mais il transmet en totalité 26 virus. Ces arboviroses se transmettent généralement sous forme d’épidémie brusque et très expansive après piqure infectée d’un moustique ayant prélevé le virus chez un premier cas malade ayant séjourné dans des zones de transmission. Par exemple pendant l’été 2017, où le moustique tigre avait envahi plusieurs communes d’Alger, des épidémies de chikungunya sévissaient en France, en Italie et une épidémie de dengue en Côte d’ivoire avec qui nous avons des liaisons aériennes et des flux de voyageurs importants. Le risque est sérieux, car le système de santé tardera à réagir du fait que le diagnostic ne sera établi qu’après la constatation de l’épidémie et sa propagation d’autant plus que le traitement médical n’existe pas et sera seulement symptomatique. Il faut savoir aussi, qu’il n’existe pas actuellement de vaccin contre ces virus. L’impact psychologique sur la population sera très lourd, nonobstant les répercussions économiques. L’épisode de l’invasion de l’Aedes caspius, du même genre que celui du moustique tigre dans la zone industrielle de Rouiba, où le complexe SNVI a été fermé en septembre 2012, en est le meilleur exemple. Donc, Il faut se préparer à vivre avec des moustiques urbains et semi urbains potentiellement dangereux. Le changement climatique, en particulier l’élévation de la température, les pluies et les inondations répétées, ainsi que l’urbanisation, peuvent participer davantage à la propagation et à l’implantation durable de ce moustique. Il faut noter aussi que d’autres moustiques aussi dangereux, peut être même plus, sont concernés par leur prolifération mondiale tels que l’Aedes aegypti et Aedes japonicus. Le deuxième danger est la non maitrise de la lutte antivectorielle intégrée spécifique à ce moustique qui est assimilée à tort à celle du moustique ordinaire (Culex pipiens). L’utilisation abusive des insecticides aura l’effet d’un boomerang et créera des populations de moustique résistantes qui compliquera la lutte antivectorielle lors des éventuelles épidémies. Un autre danger est celui des médias télévisuels ou la presse écrite qui relayent de fausses informations qui entravent en quelque sorte la bonne compréhension par la population du phénomène de développement et d’invasion du moustique tigre. Par exemple, ils véhiculent la fausse information par laquelle la mauvaise hygiène est responsable de la présence de ce moustique, une information totalement fausse et même je dirais dangereuse car la lutte sera détourné de son véritable contexte et ne combattra point le moustique tigre.

Les autorités ont elles eu jusque-là la bonne réaction face à la menace?

Avec l’expérience que j’ai acquise en qualité d’ancien responsable de la lutte contre les maladies à transmission vectorielle et directeur suppléant du projet PNUD de surveillance épidémiologique de la route transsaharienne au ministère de la santé et de la population, je peux vous dire que les réactions restent très insuffisantes. A ma connaissance, les instructions ministérielles sur les maladies à transmission vectorielle en général (à l’exception de la leishmaniose cutanée zoonotique lors de l’épidémie de 2005) et les arboviroses en particulier, ainsi que la création des comités de veilles et de lutte contre ces maladies restent souvent à l’état « larvaire » si je peux m’exprimer ainsi. Seulement quelques notes ministérielles sur le zika, le paludisme ou le west nile sont rédigées et diffusées à l’occasion, sans réelle efficacité sur le terrain et sans feed back des données ou peu vers les responsables centraux. Pire encore, les 9 stations de surveillance épidémiologique de la route transsaharienne y compris les maladies à transmission vectorielle et qui ont contribué à prévenir et gérer plusieurs épidémies de paludisme entre autre, ont disparus. L’absence d’un plan d’action national effectif et active sur terrain avec toutes ses composantes. Nous citerons : *Objectifs de lutte et de surveillance à déterminer selon le contexte bioécologique d’une éventuelle transmission, * Programme de veille entomologique et veille sanitaire avec mobilisation des infrastructures de diagnostic des arboviroses, décentralisées et fonctionnelles à travers le territoire national mais pas uniquement au laboratoire des arboviroses à l’IPA, * Programme et moyens de lutte antivectorielle intégrée en particulier les campagnes de sensibilisation et de formation des intervenants sur la spécificité de développement du moustique tigre, et surtout l’intégration de la population dans cette lutte antivectorielle qui reste le fer de lance de lutte contre ce moustique, * Les tests de sensibilisation de ce vecteur aux insecticides, * La mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières tout ça dans un cadre logique avec des indicateurs et des évaluations permanentes de l’efficacité d’un tel dispositif. Réunir toute les compétences nationales qui activent dans la lutte contre les maladies à transmission vectorielle et j’ouvre ici une parenthèse pour exprimer ma stupéfaction de constater l’absence dans la composante du comité national de prévention et de lutte contre les arbovirose, du Dr Boubidi de l’IPA, spécialiste du moustique tigre et un entomologiste de terrain, du Dr Boukraa de l’INA qui a fait ses preuves en Belgique et qui découvert le premier moustique tigre en Belgique ainsi que l’EPIC Hupe (ex Hurbal), le seul organisme à lutter actuellement contre ce moustique à Alger et qui fait un excellent travail malgré les moyens limités pour éviter sa propagation dans toute la wilaya, dans un contexte d’une invasion exceptionnelle et inhabituelle. 

Que recommandée vous en tant que spécialistes pour lutter contre ce moustique?

Pour la lutte contre le moustique lui-même à l’échelle individuelle, il faut procéder à l’élimination des gîtes potentiels de reproduction qui reste la cause principale de sa prolifération. Le moustique tigre se développe dans des petites collections d’eau claire tels que : * Sous-pots, des soucoupes, des vases des coupelles pour les plantes d’ornementation dans les jardins à l’intérieur des maisons, * Les pépinières, les bassins et les fontaines d’eau abandonnées, les creux d’arbre, récipients divers, citerne et réservoir, gouttière mal entretenue, etc…En général toute petite collection d’eau domestique ou espace commun à eau claire et exposée à l’air libre. Il faut noter aussi que les parois humides de ces gîtes constituent un milieu de ponte privilégie pour le moustique tigre même s’il n y a pas d’eau et la particularité de ce moustique c’est qu’il pond ses œufs individuellement dans plusieurs endroits à la différence du moustique habituel qui les ponds directement dans l’eau réunies en barquette. Ses œufs peuvent survivre à la dessiccation pendant toute une année d’où la difficulté de son élimination. Pour se prémunir des piqures il faut utiliser des pommades répulsives (à éviter chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 12 ans), du citron, du vinaigre. Il faut aussi porter des vêtements à manches longues. Pour les nouveau-nés de moins de deux mois, il est conseillé de les mettre sous moustiquaires et éviter les endroits où les moustiques prolifères. Sachant que ce moustique est très agressive et il active toute la journée dans les endroits ombragés, mais plus particulièrement au début de matinée et en fin d’après midi. Les pastilles insecticides du commerce ne sont d’aucune efficacité. Parfois, il pique à l’intérieur des maisons et dans ce cas là les gîtes sont à proximité ou à l’intérieur des maisons. A l’échelle communautaire, il faut éliminer les eaux stagnantes exposées à l’air libre et surtout les petites collections. Les pneus neufs ou usagés doivent être stockés à l’abri de la pluie. Les fontaines et bassin publique doivent être surveillés pour détecter la présence de larves de ce moustique et nettoyés régulièrement. En général, une enquête entomologique sérieuse doit être faite afin de procéder un inventaire exhaustive de tout gîte pourrait être potentiellement productif et prendre les mesures nécessaire pour les éliminer. Par exemple, le jardin d’essai à El Hama à Alger est un lieu de prédilection pour le développement massif de cet insecte du fait de la variété des gites larvaires présents. La thermonébulisation (la fumigation) est un moyen de lutte ciblé utilisé en cas de nuisance importante mais à limiter l’usage à cause du développement rapide de résistance aux insecticides de ce moustique. En ayant sillonné tout le territoire national, je peux vous dire que cette technique de thermonébulisation est très peu ou pas maitrisé par nos communes, y compris l’utilisation des insecticides et faite à l’aveuglette par des agents non formés, un autre problème sérieux qui pourrait être posé à l’avenir en cas d’alerte sanitaire. Ici la responsabilité des collectivités locales est entièrement engagée.

Pouvez-vous nous expliquer le phénomène inquiétant des plaques rouge qui apparaissent après la piqûre du moustique tigre.

En cas de piqure, il ne faut surtout pas gratter quand ça démange, car cette action diffuse la salive du moustique qui est très allergisante sous la peau. L’inflammation devient importante et parfois il y'a nécessité d’un traitement médical particulièrement chez les personnes à terrain allergique avéré. Donc c’est la personne piqué elle-même qui accentue ses réactions et peut même infecté le point de piqure s’il le gratte. Il faut noter qu’en absence de transmission de virus, la piqûre du moustique tigre reste inoffensive. 

 

Comment se prémunir et limiter la progression de ce moustique ?

La progression du moustique tigre est un problème de santé publique national et il y va de la sécurité de notre pays. Il est là et croyez-moi il compte s’installer définitivement. Ces insectes, vecteurs de maladies traversent maintenant des frontières et sont porteurs de germes graves. Ils attirent l’attention et mobilisent d’énormes ressources humaines et financières des pays du monde entier. Il ne faut pas rester à l’état d’observateur et faire le pompier au moment de survenue de d’épidémie qu’il sera trop tard. Il faut que tout les ministères concernés et leurs direction (santé, collectivités locales, douane, commerce, environnement etc..) doivent s’impliquer effectivement et correctement suivant un plan d’action national commun. Ce plan d’action national doit mettre en place :* des plans de gestion des flambées fondées sur des données réelles, * un système de surveillance entomologique effective fonctionnelle doté des moyens humains formés et toute sa logistique encadrée par des entomologistes médicaux, * un système de surveillance sanitaire effective doté de laboratoires décentralisés en matière d’arbovirose et intégrant toute la communauté médicale publique ou privée. Il faut aussi : * Améliorer les systèmes de notification et de déclaration de ces arboviroses, * Procéder à des formations à la prise en charge clinique, au diagnostic. * Procéder à des formations à la lutte antivectorielle au niveau communal et ne pas se contenter de l’intervention des EPIC spécialisés. * Concevoir et publier des recommandations et des manuels et utiliser les médias audiovisuels correctement sur les moyens de lutte contre la prolifération de ces moustiques en milieu urbain en sensibilisant et en intégrant le citoyen, D’autres réflexions peuvent s’y ajouter suivant l’analyse de la situation actuelle et des projections futures sur la menace que peut engendrer ce moustique. 

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