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Alger le 13/01/2021

(photo)François Pinault l’ancien artilleur français à Blida

Par S.DJAZAIRIA : Le Point s’est permit le droit de titrer « Sahara marocain : processus lancé pour la représentation des Etats-Unis», à la veille de l’ouverture du consulat américain dans la ville sahraouie occupée de Dakhla par David Schenker.

Cela, au moment même où les médias israéliens, dont le pays venait de normaliser ses relations avec le Maroc en contrepartie de la reconnaissance, éphémère, par Donald Trump de la marocanité du Sahara Occidental, désavouent à Rabat toute autorité sur ce territoire litigieux.

   Plus royaliste que le Roi, l’hebdomadaire français, propriété de l’ancien artilleur français à Blida entre 1956 et 1958, François Pinault, s’autoproclame ainsi ONU et déclare le Sahara Occidental territoire marocain.

Il applaudit des deux mains le «processus d’ouverture» lancé, dimanche 10 janvier, à Dakhla «dans la zone du Sahara et plus précisément dans une des provinces du Sud».

Le Point efface de façon préméditée la seconde partie du nom d’un Etat membre de l’Union africaine dont, il réduit le statut à celui de «province».

   Le magazine français Le Point, fondé en 1972, se contredit quelques lignes plus loin, en admettant que «ce territoire» sahraoui revêt un «statut non encore réglé par les Nations unies» et que «la représentation est prévue à Dakhla, port de pêche situé dans le sud du Sahara Occidental».

Le titreur a-t-il piégé l’auteur de l’article en lui faisant écrire ce qu’il n’a pas écrit ? Le journaliste persiste et signe : «L’événement, organisé aux derniers jours du mandat du président Donald Trump, est à rebours de la position des Nations unies qui considèrent le Sahara Occidental comme un territoire autonome dans l’attente d’un statut définitif» et de rappeler que l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, qualifié de

 «geste diplomatique fort», «s’inscrit dans le cadre de l’accord tripartite signé, le 22 décembre par les Américains, les Israéliens et les Marocains, actant une normalisation diplomatique entre le Maroc et l’Etat hébreu, avec une reconnaissance américaine de la souveraineté de Rabat sur le Sahara Occidental». «Il intervient alors que les négociations politiques menées par l’ONU sur le statut de ce territoire désertique, situé au nord de la Mauritanie, piétinent depuis des décennies», souligne l’auteur de l’article étrangement non signé.

    Il est bien visible un conflit entre le rédacteur et sa hiérarchie au point de refuser d’assumer le titre ? «La nouvelle carte du Maroc intégrant le Sahara Occidental a été adoptée par Washington trois jours après l’annonce de l’accord», précise l’auteur de l’article qui se réfère à la déclaration de Jared Kushner, selon lequel, en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental, son beau-père «a rejeté le statu quo raté qui ne bénéficiaient à personne et, à la place, il a mis en route une solution durable et mutuellement acceptable».

Et Le Point d’énumérer les «cadeaux» offerts par Trump à Mohammed VI, outre une reconnaissance qui sera balayée d’un revers de main dès après le 20 janvier.

Le Makhzen sait pertinemment, qu’il ne suffit pas de censurer un trait horizontal droit sur la carte du Maghreb pour effacer un Etat reconnu en tant que tel.

Ce qui prime pour le roi du Maroc, c’est avant tout les avantages en dollars sonnants et trébuchants, quitte à retracer la ligne après le départ mouvementé de Trump.

   «L’accord prévoit l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla et inclut une enveloppe de 3 milliards de dollars, débloquée par la Banque américaine de développement (DFC) pour le soutien financier et technique de projets d’investissements privés au Maroc et en Afrique subsaharienne», à laquelle s’ajoute une autre d’un montant d’un milliard de dollars.

Et dans le but de caresser les espoirs marocains : «Le président américain élu Joe Biden ne s’est pas encore prononcé sur le dossier du Sahara Occidental», écrit Le Point, qui reprend la déclaration de David Schenker à Alger : «Chaque administration dispose de la prérogative de décider sa politique étrangère.» S.DJZ

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